Romans noirs

Glen Affric – Karine Giebel

Je suis un idiot, un imbécile, un crétin. Je n’ai pas de cervelle.
Léonard se répète ce refrain chaque jour et chaque nuit, une suite de mots cruels qu’il entend dans la cour, dans la rue. Son quotidien.
Léo le triso. Léonard le bâtard.
Léonard n’est pas comme les autres et il a compris que le monde n’aime pas ceux qui sont différents.
Alors il rêve parfois de disparaître.
Être ailleurs. Loin d’ici.
À Glen Affric.
Mais les rêves de certains sont voués à finir en cauchemars…

01

Léonard est un jeune adolescent de 15 ans. Il vit avec Mona sa mère adoptive. Cette dernière, déjà mère d’un grand garçon, l’a trouvé un jour, prostré et couvert de boue sur le bord d’un fossé. Il avait environ 5 ans. Elle en prend grand soin et le garde avec elle. Elle remarque très vite que Léonard n’est pas comme tous les garçons de son âge, un peu attardé mais terriblement attachant. Elle fait tout pour que ce dernier soit scolarisé dans le village mais les autres enfants s’aperçoivent aussi qu’il est différent. Ce sera le début pour Léonard d’une vie difficile. Incompris des autres qui multiplient les moqueries et la violence à son encontre, il rêve d’ailleurs, de rejoindre ce frère qu’il ne connait pas à Glenn Affric en Ecosse. A force d’être montré du droit, moqué, traité comme un paria, il va perdre son sang froid et se retrouver entre les quatre murs d’une prison. Son rêve d’évasion et de voyage à Glen Affric devra attendre car de nombreux évènements ne lui permettront pas de réaliser ce rêve. Il devra attendre que la folie et la méchanceté des hommes le forcent à partir pour un grand voyage. Faire la connaissance de son Frère Jorge sera la plus belle rencontre de sa vie mais aussi la plus risquée.

Comment lui dire ?

Lui dire qu’il voudrait disparaître, être englouti par un de ses cauchemars. Lui expliquer que Mona ne doit pas venir le chercher, qu’elle doit l’abandonner ici et maintenant puisqu’elle finira par le faire, ainsi que l’on fait ses véritables parents. Parce qu’il n’est pas comme les autres, parce qu’il n’est qu’un poids à porter. Lui expliquer qu’il préfére mourir ici avant d’avoir à endurer cette nouvelle et inévitable épreuve.

Angélique est une jeune femme malheureuse et solitaire. Elle vit seule avec Maréchal, cet oncle qui en a fait son souffre douleur. Enfermée dans une maison dans laquelle elle est sous l’emprise de cet être abjecte. Il en a fait sa bonniche, son esclave sexuelle, elle est à sa merci et n’a plus aucun contact avec l’extérieur. Une existence tragique et sans espoir.

D’une main Angélique remonte le drap sur sa peau froide et sale. De l’autre elle attrape un morceau de soie, caché dans le tiroir de sa table de nuit bancale, et le caresse lentement, les yeux fermés. Ce matin encore, elle ne versera aucune larme. Il y a des années qu’elle ne pleure plus, ni sur elle ni sur personne. Elle se contente d’attendre. Sa mère disait qu’il y a une vie après la vie. Qu’il faut mourir pour atteindre cet autre monde. Qu’il n’est que lumière et douceur pour tous les innocents. Alors, Angélique attend.

J’ai lu ce livre en quelques jours. Il fait un peu plus de 750 pages mais même en prenant mon temps je ne pouvais m’empêcher de m’y replonger, même si comme à chaque fois je suis triste de tourner la dernière page et de quitter les personnages. J’aurais envie de vous en dire bien plus sur Glen Affric mais ce serait très difficile de ne pas spoiler l’histoire et ça n’est juste pas possible. J’ai simplement envie de vous donner mes impressions et vous donner envie, peut-être, de vous y plonger.

Les thèmes abordés sont à la fois, touchants, révoltants et restent ancrés dans la tête et le resteront pour longtemps : Le harcèlement moral et physique, la différence, la vie en détention, le quotidien d’un détenu, les tueurs en série mais aussi l’amour. L’amour d’une mère pour ses enfants, l’amour entre frères, l’amour du policier pour son métier, sa persévérance et son besoin de justice.

Les personnages sont nombreux même si Léonard et Jorge restent les principaux sur lesquels toute cette histoire est fondée. Pourtant certains restent très marquants par leurs actes et leurs attitudes et sont de réels acteurs dans cette histoire.

L’écriture est fluide, addictive avec des chapitres courts. Dès les premières pages, l’empreinte de Karine Giebel est posée.

Fan absolue de l’auteure, je trouve que Glen Affric est différent de ses précédents thrillers. Cela reste un roman sombre mais qui est peuplé de moments d’innocence, de plénitude et de moments heureux qui sont très touchants. J’ai senti quelquefois les larmes monter et ma gorge se serrer. Je parle autour de moi souvent de « meurtres pour rédemption » mais celui-ci sera également inoubliable pour des raison différentes.

Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment de lecture et je peux très sincèrement dire que ce fut un coup de cœur que je vais conseiller et peut-être même offrir. J’ai hâte de lire les avis qui ne vont pas tarder à être publiés sur les blogs et les groupes de lecture.


Glen Affric – Karine Giebel – Novembre 2021 – 9782259307901 – Editions Plon

2 réflexions au sujet de “Glen Affric – Karine Giebel”

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