Littérature générale

Otages – Nina BOURAOUI

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«  Je m’appelle Sylvie Meyer. J’ai 53 ans. Je suis mère de deux enfants. Je suis séparée de mon mari depuis un an. Je travaille à la Cagex, une entreprise de caoutchouc. Je dirige la section des ajustements. Je n’ai aucun antécédent judiciaire.  »
Sylvie est une femme banale, modeste, ponctuelle, solide, bonne camarade, une femme simple, sur qui on peut compter. Lorsque son mari l’a quittée, elle n’a rien dit, elle n’a pas pleuré, elle a essayé de faire comme si tout allait bien, d’élever ses fils, d’occuper sa place dans ce lit devenu trop grand pour elle.
Lorsque son patron lui a demandé de faire des heures supplémentaires, de surveiller les autres salariés, elle n’a pas protesté  : elle a agi comme les autres l’espéraient. Jusqu’à ce matin de novembre où cette violence du monde, des autres, sa solitude, l’injustice se sont imposées à elle. En une nuit, elle détruit tout. Ce qu’elle fait est condamnable, passable de poursuite, d’un emprisonnement mais le temps de cette révolte Sylvie se sent vivante. Elle renaît.
Un portrait de femme magnifique, bouleversant  : chaque douleur et chaque mot de Sylvie deviennent les nôtres et font écho à notre vie, à notre part de pardon, à nos espoirs de liberté et de paix.

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Deuxième rendez-vous avec Nina Bouraoui. Vous pouvez retrouver mon avis ici sur son livre précédent « tous les hommes désirent naturellement savoir ».

Otages fut d’abord une pièce de théâtre dont le personnage principal fut joué par diverses actrices : Christine Citti, Marianne Basler et Anne Benoît.

Le destin de mon héroïne ne cessant de se raccorder au chaos du monde, j’ai écrit une nouvelle version, inspirée puis échappée du théâtre en hommage aux otages économiques et amoureux que nous sommes.

Le destin de cette femme ordinaire a basculé le jour où son mari, son amour, le père de ses enfants l’a quittée. Sans qu’elle en soit consciente, une fissure s’est crée dans sa vie jusqu’alors parfaitement établie et bien réglée. Vient s’ajouter à cette solitude amoureuse le rôle que veut lui faire jouer son patron, elle si proche de « ses petites abeilles », ces ouvrières dont elle est le porte parole auprès de la direction. Un rôle qu’elle aime mais dont le patron veut peu à peu changer le scénario initial.

C’est si précieux la vie, on a tendance à l’oublier, à partir du moment où l’on est en vie, que l’on se réveille tous les matins, que l’on fait les trucs que l’on a à faire, même si ça nous pèse, même si c’est toujours pareil, il faut être heureux de ces habitudes, de toutes ces cellules qui grouillent en nous , qui font que l’on existe, c’est idiot je sais, mais parfois on oublie, c’est fatiguant d’être mais c’est la chose la plus sublime au monde aussi et on a pas le droit de s’en éloigner.

En lisant cette histoire et la plume de Nina Bouraoui on se rend compte de la complexité de la vie et surtout de celle des femmes. La société actuelle les étouffe. Elles se retrouvent « otages » de l’amour, de leur travail et des obligations jusqu’à parfois l’explosion, le « pétage de plomb » tout comme Christine Meyer qui n’aurait jamais imaginé être capable de réaliser le geste qu’elle a commis. Elle représente la femme « otage » dans notre société.

J’ai beaucoup apprécié ce roman court, très réaliste, au texte fort pour les émotions décortiquées et les sentiments détaillés où Christine Meyer se fait l’emblème des femmes de notre société . « Otages » est un roman où les mots forts et émouvants de Nina Bouraoui m’ont conquise.


Otages – Nina BOURAOUI – Parution 02/01/2020 – Editions JC Lattès

 

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