Littérature générale

Ils étaient vingt et cent… – Stanislas PETROSKY

20190418_151128

Gunther, jeune allemand opposé au régime nazi, excelle dans l’art du dessin.
Il se retrouve promu illustrateur officiel du camp de Ravensbrück, son oeil d’artiste interprète la vie et surtout la mort.
L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femme du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés

Mon avis

Gunther Frazentich est né en Allemagne en 1918 .Ses parents sont agriculteurs mais contrairement à son frère, il n’a pas du tout l’amour de la terre et aucunement l’envie de travailler dans la ferme familiale. Sa passion, le dessin, qu’il est obligé de faire en cachette de ses parents. A vingt ans, le régime Nazi cherche des travailleurs pour la construction d’une sorte de prison, et c’est avec grand plaisir que son père l’oblige à en faire partie, ce qui lui permet d’avoir une bouche de moins à nourrir. Il se retrouve avec d’autres ouvriers,  des prisonniers venant du camps de Sachsenhausen et en à peine six mois, le camps de Ravensbrück sort de terre.

Ce sera le début de l’enfer des femmes , ce camps accueillant chaque jour des trains entiers de femmes, filles, adolescentes, hébétées et perdues dans ce lieu ou pleuvent coups et insultes dès le début de chaque journée.
Gunther sera « sauvé » et épargné grâce à sa passion pour le dessin. La responsable du camps lui fournit papier et crayon et lui donne l’ordre de dessiner la vie dans le camps . Fière de tout ce qui s’y passe elle veut que cela soit consigné sur papier. Dès lors Gunther va arpenter les allées, les différents bâtiments de Ravensbruck, en y rencontrant la barbarie, l’horreur et la violence. Il est désemparé de côtoyer chaque jour la mort présente dans chaque recoin. Les expériences médicales, les opérations sans anesthésie et les injections de produits « expérimentaux » entraînant malformations, et souvent la mort dans d’horribles souffrances.

Je me forgeais peu à peu une carapace. Je devais me blinder, me blaser, m’enfermer dans mon monde pour continuer de dessiner sans sombrer dans la démence d’autant plus que j’analysais chaque horrible détail pour mieux le représenter. J’avais peur, peur de ne plus dormir, peur de sombrer dans la dépression ou tout simplement devenir fou. p.41

Tout cela n’échappera pas au coup de crayon de Gunther qui devant tant de barbarie essaye de faire face , mais chaque jour qui passe est de plus en plus difficile, jusqu’au jour ou au début d’un convoi , il aperçoit une fille , un peu plus grande que les autres, des cheveux noirs et un teint de porcelaine. Pour lui , un véritable coup de foudre.  Difficile pour elle, juive,  d’accorder sa confiance à un allemand. Il va tout faire pour rendre un peu plus supportable la vie d’Edna mais cela sera t-il suffisant ? Comment peut-on encore croire à l’amour au milieu de ce mouroir ?

Un livre magnifiquement écrit, qui devrait être lu toutes générations confondues. Stanislas Petrosky excelle dans l’art de l’écriture et sait aussi bien manier l’humour avec Réquiem le curé déjanté, et que le style plus sérieux et touchant avec « ils étaient vingt et cent ».


Ils étaient vingt et cent…- Stanislas Petrosky – Parution mars 2019 – Editions French Pulp

2 réflexions au sujet de “Ils étaient vingt et cent… – Stanislas PETROSKY”

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s